Rapt « amoureux » en Russie

dagestan-russia-republic-settlementJe faisais les marchés. J’allais dans quatre villages différents, chacun un jour par semaine . On dormait dans le camion et on faisait ça toutes les semaines. 4 jours partis, 3 jours à la maison.

Il y avait un monsieur qui m’avait acheté des chaussures. Il est revenu toutes les semaines puis il a demandé à m’épouser. Je ne voulais pas. Je savais qu’il avait déjà été marié , je ne voulais pas épouser quelqu’un qui avait déjà un enfant. Mais il a beaucoup insisté, il a demandé à rencontrer mes parents. Il a dit que si mes parents disaient non, il me laisserait tranquille. J’ai cru que c’était une solution pour avoir la paix. Je lui ai donc donné l’adresse de chez moi, pour qu’il en parle une bonne fois avec eux. Je savais que ma mère refuserait. Il est venu mais il n’a pas rencontré mes parents, il n’a même pas franchi le seuil de ma maison, il m’a enlevée, il m’a ramené chez lui et il m’a cachée.
Je n’ai pas eu de sexe avec lui à ce moment-là.
Il fallait d’abord faire prononcer un mariage religieux, le Nikâh, par un mollah.
Ils sont donc allés négocier avec mes parents. Ceux ci n’avaient pas tellement le choix. En effet une femme qui est enlevée, et qui ne se marie pas avec l’homme qui l’a enlevé, ne peut plus jamais se marier ensuite. Elle est supposée avoir eu des relations sexuelles avant le mariage, avec la personne qui l’a enlevée. Ce n’était pas mon cas comme je l’ai déjà dit mais je risquais de ne plus jamais me marier et donc mes parents ont accepté ce mariage.
Le mariage a été célébré, les enfants sont nés. Je n’étais pas heureuse, j’ai plusieurs fois souhaité partir. Deux choses m’en ont empêchée : les conseils de la famille, de mon côté ou de son côté à lui. On me disait que ça allait passer et qu’il allait devenir gentil. Le risque de ne pas avoir mes enfants avec moi, m’a empêchée également de partir. En effet au Daguestan en cas de divorce, les enfants sont confiés, parfois à mère, parfois au père. Rien n’est systématique. Ce n’est pas comme en Tchétchénie où les enfants sont systématiquement confiés au père.

Pour pouvoir divorcer il aurait fallu que mon mari demande la rupture du Nikâh . Il faut qu’il considère la relation avec sa femme « comme frère et soeur » trois fois et au bout de trois fois la fin du Nikâh est prononcé.
Chez nous le mariage religieux précède le mariage civil il n’est pas obligatoire de se marier civilement mais je l’ai fait pour que mes enfants puissent être sur le passeport de leur père.
Quand j’ai épousé cet homme je ne savais pas qu’il avait fait déjà à 9 ans de prison 3 x 3 ans.
Encore maintenant en France j’ai essayé de rencontrer les mollahs à la mosquée .Certains disent que le Nikâh peut être rompu de ma propre initiative puisqu’il a essayé de me tuer et d’autres disent que non que je ne peux pas rompre le Nikâh , si lui ne le demande pas ou si lui ne l’accepte pas.
Je fais des cauchemars où il revient à la maison et dans mon rêve, j’accepte qu’il revienne. Dans mon rêve je sais qu’il est méchant mais je lui pardonne et je me réveille en sueur.
Lors de la session d’assises je vais demander au juge de casser le Nikâh

 

NDLR

Quelques définitions
« Nikâh » (en Islam) (fondation d’un foyer stable, entraide pour la réalisation des intérêts mutuels, protection contre la fornication et l’adultère…)- (« Houdjjat oullâhil Bâlighah » – Volume 2 / Page 138)

La répudiation en Islam Talaq

Le divorce, s’il est une chose possible, ne doit se produire qu’en dernier recours. Mahomet a ainsi voulu préserver le mariage en instaurant la nécessité de réitérer, par trois fois successives (et non simultanées), la formule de répudiation qui met fin à la vie commune et fait entrer la femme en ‘idda, période de retraite ou de continence, ou délai de viduité (qui permet notamment d’éviter, au cas où la femme enfante, qu’on attribue cet enfant à un autre homme qu’au mari) .Pour les chiites, cette répudiation doit se faire devant deux témoins musulmans de la famille du couple. En outre, afin de préserver la femme contre des abus fréquents dans les temps pré-islamiques, le Prophète a ajouté que la troisième répudiation rendait celle-ci définitive, empêchant le mari de maintenir sa femme dans un état intermédiaire. Il y a ainsi deux répudiations, dites révocables (radj’î), suivie d’une troisième, irrévocable (bâ’in). « La répudiation révocable est donc conçue comme un moyen de protéger le mariage, la répudiation irrévocable comme une protection de la femme. »

Reconciliation (sourate 4.45 et sourate 65.1)Le mari doit prononcer trois fois la formule de divorce (talāq)Les familles cherchent à trouver un arrangement pendant le iddah. Si le couple entretient une relation sexuelle la procédure est annulée.
Prononciation (sourate 65.2 et 2.231)Un Cadi commence et le mari finit de prononcer le Triple talāq
François-Paul Blanc, Le droit musulman, Dalloz, 2e édition, 2007, 128 p., p. 76-84.
Khul’

Le khul’ (ou khol’) est une forme de dissolution du mariage musulman qui intervient à l’initiative de la femme. Il est prévu par le Coran (IV-128 et II-229 [1]), selon lequel « Si vous craignez de ne pas observer les lois de Dieu, une faute ne sera imputée à l’un ou à l’autre, si l’épouse offre une compensation. » [1] et intervient lorsqu’une épouse ne parvient pas à convaincre un cadi (juge) de prononcer le divorce pour faute[1].

François-Paul Blanc, Le droit musulman, Dalloz, 2e édition, 2007, 128 p., p. 74-76

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