Le temps de la consolation Michael Foessel

Le consolateur est un tiers qui lui n’a pas subi le deuil, mais qui n’est pas totalement  éloigné de la personne.Il a donc une distance très précise d’altérité,  qui fait communauté . Il  soigne la souffrance de la souffrance, c’est-à-dire qu’il ramène l’endeuillé dans la communauté. La souffrance isole,  la souffrance éloigne, la souffrance est indicible et en ce sens elle n’a pas de mots. La consolation, c’est d’abord un discours. C’est de remettre des mots sur quelque chose qui en est dépourvu, quelque chose de très intime , pour remettre le sujet dans la communauté. Cette conception de la consolation  modélise quelque chose qui est à la fois de l’ordre de l’humain et du politique et qui est très beau.
La consolation va à l’encontre de la victimisation, puisque elle fait sortir le sujet de son statut de victime (victime d’injure ou de n’importe quel traumatisme)  pour redevenir sujet de la communauté, pour lui redonner voix et voie ,alors que le discours politique actuel instaure une césure ontologique entre les victimes et les autres .Les victimes ont ainsi le statut d’une catégorie à part entière qui n’a pas vocation à revenir dans le statut commun.
En fait ce qu’on appelle les victimes  sont surtout les inconsolables, c’est-à-dire ceux qui refusent qu’il y ait un mot ou un geste à la place de la perte. Personne ne peut restituer  la perte. Mais l’ambiance victimaire interdit le travail de deuil, et porte une personne ou un groupe à la mélancolie.
Dans la consolation on rentre dans le champ du sens et du travail symbolique.
La consolation est un besoin humain :  nos chagrins sont des demandes de sens, des demandes de justice, des demandes de rétribution
La métaphore est un processus de consolation qui inscrit le traumatisme dans un paysage plein de sens. Autour de moi la vie existe et à du sens.
Il y a actuellement deux grandes figures dans notre société : celui qui se console très vite parce qu’en fait il n’a rien perdu et l’autre qui est dans un deuil indépassable parce qu’il ne veut pas ou parce qu’il ne peut pas être  consolé. Il faut inventer une troisième voie

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