Julien Bricaud Éducateur Du passage de la bienveillance à la méfiance

Mineurs étrangers non accompagnés Colloque du 19/ 10/2016 Paris

Le soupçon sépare ceux qui méritent et ceux qui mentent: sur leur âge, sur la nationalité, sur le récit, sur la présence ou non de leurs proches, sur la nature de leur rapport avec la famille.

1 Lorsque du premier accueil,  on demande aux éducateurs une évaluation. Cette fonction d’évaluation restreint la relation. Il ne s’agit plus de comprendre le jeune ( il faudrait du temps) et  là on a seulement 5 jours pour le catégoriser. Ce n’est donc pas une fonction éducative mais une fonction de justice.  Hors on ne peut pas être juge et partie.
Il y a un risque de contagion du soupçon.
Le doute, la prudence, la nécessité de se faire une opinion sont légitimes. Mais il y a toujours quelque chose de masqué .On ne peut pas demander de transparence totale. Les motivations des jeunes sont contradictoires, ils ont leur part de jardin secret et leurs actes manqués.
Le risque pour l’interlocuteur est que le mensonge devienne le facteur d’explication dominant, comme si le mensonge avait une visée stratégique. Hors il n’y a pas de stratégie de masquer ses véritables intentions. (Cf les différentes  catégories  de mineurs non accompagnés )
2.Il existe une peur, pour le professionnel qui reçoit l’étranger, d’être manipulé, d’être  utilisé par les passeurs, les filières les réseaux. Peur d’un détournement, d’une instrumentalisation, peur d’être l’objet d’une stratégie maîtrisée.
3 le professionnel a besoin d’ entretenir son image d’un professionnel crédible. Il a peur de passer pour celui qui s’est fait avoir  devant les partenaires institutionnels, les confrères , et devant le jeune lui-même. Pourtant, même si on s’est fait avoir, le jeune est toujours victime.
4. Il n’y a pas de dispositif d’assistance sans qu’il y ait en face une stigmatisation des assistés, une rhétorique de la fraude et du soupçon.
5. L’effet du soupçon est très profond sur le jeune, cela entraîne une insécurité juridique mais aussi sur le plan psychologique et éducatif :un attentisme et des blocages.
La suspicion de radicalisation par exemple chez un jeune  a un effet très puissant. Il entraîne une suspension des mécanismes d’assistance .Personne ne fait rien. Il y a un retrait des aidants pour qui la situation devient trop compliquée et qui sont inquiets .Cette peur neutralise les liens qui pourraient se tisser.
Peur de la fraude, peur d’être trahi, peur d’une menace sur l’ordre social . L’autre  pourrait ainsi tout gâcher le soupçon est un mécanisme de rejet.

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